Comprendre l’indice de Débit d’Absorption Spécifique DAS ou SAR

L’indice DAS ou SAR

Le téléphone mobile nuit-il à la santé?

Le sujet soulève de nombreuses questions et défraie la chronique à chaque parution d’une étude scientifique sur le sujet. À ce jour, on ne peut pas prouver que l’usage du téléphone est dommageable pour la santé… mais on ne peut pas davantage prouver qu’il est inoffensif! Et pourtant des études ont été menées, sous l’égide de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dans de nombreuses directions, sur les effets thermiques et les effets non thermiques des radiofréquences. Les premiers sont désormais connus: le mobile produit un échauffement faible de la peau mais les tissus plus profonds restent préservés par l’absorption des ondes par les tissus superficiels. Les recherches se focalisent donc sur les effets non thermiques. Plusieurs centaines d’études épidémiologiques et expérimentales ont été conduites concernant les conséquences du mobile sur l’encéphalogramme, le matériel génétique, le système cardio-vasculaire, le cancer… Le document de synthèse de l’OMS se contentant de conclure qu’«aucune des recherches menées récemment n’a permis de conclure qu’une exposition aux champs électromagnétiques des téléphones mobiles et de leurs stations de base pouvait avoir des effets néfastes sur la santé des humains ». L’organisation mondiale a néanmoins publié de nouvelles recommandations de recherche en juin 2003 et de nouvelles études plus poussées ou utiet lisant de nouvelles voies sont en cours. Bref, malgré les propos rassurants de l’OMS, de nombreuses interrogations restent en suspens comme celles concernant les effets des antennes relais, des nouveaux terminaux 3G… En attendant, les pouvoirs publics ont imposé des valeurs maximales pour les émissions de radiofréquences des téléphones mobiles, ce qui se traduit par l’indice DAS (voir notre classement des mobiles en fonction de leur indice DAS et celui des smartphones). Et Pour limiter les risques liés au rayonnement des téléphones portables, il suffit de suivre 12 règles simples.

L’indice DAS du mobile, qu’est-ce que c’est ?

Tout téléphone portable possède un indice dit DAS ou indice de Débit d’Absorption Spécifique également connu sous sa dénomination anglaise (SAR, pour Specific Absorption Rate). Il mesure le niveau de radiofréquences émis par le portable vers l’usager lorsqu’il fonctionne à pleine puissance, dans les pires conditions d’utilisation. L’effet des radiofréquences est en tout cas pris très au sérieux par les pouvoirs publics, les instituts de consommation, les fabricants de mobiles et les opérateurs. Depuis la parution du décret du 08 octobre 2003, les mobiles destinés à être utilisés en France doivent présenter un indice DAS inférieur à 2 W/Kg au niveau du tronc et de la tête.

 

 

Le « fantôme » dans lequel une sonde mesure le niveau d’exposition aux radiofréquences. 

Qui mesure l’indice DAS et comment ?

La détermination de l’indice nécessite l’utilisation d’une sonde, ce qui complique les expériences sur des êtres vivants. Les laboratoires qui effectuent ces mesures utilisent tous les mêmes procédures de tests définies par le CENELEC (Comité européen de normalisation électrotechnique). Le téléphone est collé à un « fantôme », une tête de mannequin remplie de liquide possédant des propriétés de propagation des ondes identiques à celles du cerveau humain. Il émet ensuite à pleine puissance selon diverses orientations. Dans la pratique, le niveau d’exposition réel est généralement inférieur à cette valeur. Les capteurs mesurent la puissance absorbée par la tête et le tronc par le biais du champ électrique ou de la température. Cette puissance s’exprime en watts par kilogramme de tissu. En Europe et dans la plupart des pays, elle est mesurée sur un cube de 10 g de tissu et ne doit pas dépasser la valeur de 2 W/Kg. Aux USA, elle est mesurée sur un cube de 1 g et ne doit pas dépasser 1,6 W/Kg. Le décret d’octobre 2003 prévoit des contrôles des équipements mis sur le marché. Les instituts de la consommation et les associations de consommateurs font régulièrement tester les mobiles du marché par des laboratoires spécialisés. Les fabricants et les opérateurs font mesurer systématiquement l’indice DAS de leurs mobiles.

 

Le laboratoire de mesure de l’indice DAS dans son ensemble.

Mon mobile est-il conforme ? 

Le décret du 08 octobre 2003 prévoit des sanctions contre les distributeurs de matériels non conformes. Il précise également l’obligation d’indiquer clairement l’indice DAS du mobile dans sa documentation. Les politiques de communication diffèrent grandement selon le fabricants : certains publient ces informations sur tous les documents concernant leurs mobiles, y compris sur leur site internet. D’autres se contentent de l’indiquer dans le manuel de l’utilisateur. Si vous avez acheté votre mobile en France, vous devez disposer de son indice DAS et vous pouvez vérifier qu’il est inférieur à 2 W/Kg. Les opérateurs communiquent également sur l’indice DAS des mobiles, mais plus ou moins bien. SFR l’indique sur son site internet. Sur celui de Bouygues Telecom, il est noté en nombre d’étoiles mais pas sur tous les mobiles. Orange et SFR ont décidé d’afficher cet indice sur les étiquettes des mobiles présentés dans leurs points de vente. De leur côté, les fabricants de mobiles se targuent de vouloir réduire l’indice DAS de mobiles dès leur conception. Ils ont également créé une association, le MMF (Mobile Manufacturer Forum), destinée à financer des projets de recherche scientifiques sur les effets du mobile pour la santé. Mais sont-ils les plus objectifs pour mener ces recherches?

Quelques valeurs

Modèle Indice DAS (source)
LG C1100 0,63 W/kg (site SFR)
Motorola V3 0,87 W/kg (site SFR)
Motorola V220 0,90 W/kg (site SFR)
Motorola E1000 (modèle 3G) 0,88 W/kg (site Motorola)
Motorola V980 (modèle 3G) 0,78 W/kg (site SFR)
Nokia 3100 0,76 W/kg (site SFR)
Nokia 3220 0,78 W/kg (site SFR)
Nokia 7610 0,54 W/kg (site SFR)
Panasonic X400 0,56 W/kg (site SFR)
Panasonic X70 0,46 W/kg (site Panasonic)
Sagem MyC5-2 0,53 W/kg (site SFR)
Sagem MyX-7 0,57 W/kg (site Sagem)
Samsung SGH-E800 0,96 W/kg (site SFR)
Samsung SGH-Z107 (modèle 3G) 0,87 W/kg (site SFR)
Sendo X 0,48 W/kg (site Sendo)
Siemens C65v 0,73 W/kg (site Motorola)
Sony Ericsson T610 0,89 W/kg (site SFR)
Sony Ericsson K700 0,48 W/kg (site SFR)
Sony Ericsson Z1010 (modèle 3G) 1,41 W/kg (site SFR)

Tableau des indices DAS de téléphones parmi les plus vendus entre la fin 2004 et début 2005.

L’indice DAS ne fait pas tout: publication des précautions d’usage

Une chose est d’ores et déjà certaine : l’utilisation du portable peut effectivement s’avérer dangereuse dans quelques cas très précis. Elle peut entraîner des interférences avec d’autres équipements électroniques. La directive d’octobre 2003 impose la présence d’une rubrique « précautions d’usage » au sein de la documentation. Elle précise les zones de non-utilisation (avions, hôpitaux, stations services…) et les précautions d’usage. Il est conseillé aux porteurs d’implant électronique de type simulateur cardiaque de maintenir une distance minimale de 15 cm entre le mobile et l’appareil implanté afin d’éviter tout risque d’interférence. Il est également préconisé aux femmes enceintes d’éloigner le mobile du fœtus. Cette rubrique donne également des conseils pour réduire les niveaux d’exposition. Il faut d’abord utiliser le téléphone mobile dans de bonnes conditions de réception, lorsque l‘indicateur de réception est à son maximum. Il est également conseillé d’utiliser le kit mains libres ou une oreillette afin de réduire les radiofréquences reçues par l’organisme.

Qu’en est-il des antennes relais ?


Les stations de base émettent de façon continue avec une puissance de quelques watts à plus de 100 W, selon la taille de la cellule qu’elles desservent. Leur niveau de rayonnement est également contrôlé et réglementé. L’ANFR (Agence Nationale des Fréquences) a établi un protocole de mesure in situ pour évaluer le niveau d’exposition du public aux champs électromagnétiques émis par les stations émettrices fixes. Cette agence publie la carte de France des antennes relais sur le site Cartoradio.fr. Un clic sur les points de mesure alentour permet d’accéder à l’ensemble des résultats des différents champs mesurés : GSM, FM, TV, radars…


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3 réponses à Comprendre l’indice de Débit d’Absorption Spécifique DAS ou SAR

  1. Ping : Petit rappel d’utilisation du portable ! | www.bio-protection.com

  2. Ping : Petit rappel d'utilisation du portable !

  3. Ping : Vers un affichage du débit d’absorption spécifique sur les terminaux

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