Reconnaître la nature comme sujet de droit

Remettons du sens dans l’économie en reconnaissant la nature et les animaux comme sujet de droit.

Faire évoluer le système pour redéfinir les valeurs fondamentales de notre système juridique afin d’affirmer nos liens d’interdépendance avec les autres formes de vie. On parle alors de biodiversité.

Nous vivons dans un système qui considère la nature comme une propriété, appartenant à des personnes et à des entreprises, comme un ensemble de ressources dont on peut tirer profit. C’est cette vision un peu simpliste qui a conduit à la crise écologique actuelle. Nous avons besoin d’un changement de paradigme, considérant la nature comme des entités vivantes dont nous dépendons tous.

Nous avons pour cela deux visions du problème. Soit accepter la situation actuelle et regarder la nature s’abimer devant nos yeux. Ou alors se donner les moyens et pouvoir engager des poursuites au nom du vivant tels qu’un lac, une mer, un océan, ou tout autres parties de notre planète.

Bien évidemment, si une loi est adopté, personne ne sait ce que les tribunaux décideront. Mais pas plus qu’on ne savait comment évolueraient les lois, dans le domaine de la reconnaissance des droits des femmes, puis des droits civils et des droits LGBTQ.
Soit on accepte ce constat d’échec, ou alors on les met ou remet en question.

Reconnaître le vivant comme sujet de droit est une idée portée par le mouvement Earth Law depuis 1990. Ce mouvement s’est inspiré de la pensée d’Arne Næss, considéré comme le fondateur de l’écologie profonde. Il a notamment popularisé l’idée que « la richesse et la diversité des formes de vie sont des valeurs en elles-mêmes et contribuent à l’épanouissement de la vie humaine et non humaine sur Terre.

La Déclaration des droits des peuples autochtones (2007) consacre ces valeurs en s’appuyant sur l’holisme des traditions et modes de pensée des peuples premiers. Lors de la Conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de la Terre mère en 2010, un projet de Déclaration universelle des droits de la Terre mère faisant le constat que « la Terre est vivante, elle est notre maison commune et nous devons la respecter pour le bien de tous et des générations futures ».

Certaines avancées juridiques visent à améliorer le statut des animaux et démontrent que le droit commence à quitter sa sphère anthropocentrée. La juriste Valérie Cabanes, spécialisée dans les droits de l’homme et le droit humanitaire, combat pour faire reconnaître l’écocide, ou crime contre l’environnement afin de donner toutes les chances à mère Nature de pouvoir se défendre face au grands groupes industrielles toujours à la recherche de gros dividende même si cela doit détruire notre écosystème.

Quand comprendrons-nous que tout est une question d’équilibre?

Durant dix mille ans, nous avons prospéré en tant qu’espèce grâce à des conditions climatiques favorables et des milieux de vie fertiles et foisonnants de biodiversité. Mais l’industrie s’est dernièrement imposée sur les milieux naturels en occupant l’espace et en perturbant les équilibres de l’écosystème terrestre. Le climat s’est emballé, la biodiversité s’est effondrée, la pollution est omniprésente, et les conditions mêmes de la vie sur Terre commencent à être menacées. Nous ne pouvons plus rester spectateurs. Nos choix menacent aujourd’hui la paix et la sécurité humaines.

Tout est une question de Priorité !

Il est encore temps de freiner les conséquences de l’anthropocène, cette ère géologique que l’homme a façonnée et qui menace les conditions d’existence des plus vulnérables d’entre nous et hypothèque les droits des générations à venir.

Donnons une voix juridique à la Nature et aux Animaux

La justice doit pouvoir s’appuyer sur un droit de la Terre pour être en mesure de maintenir les systèmes écologiques dont nous dépendons car c’est ainsi que nous préserverons la biodiversité et la dignité de l’humanité. Pour cela, il faut redéfinir les valeurs pivots de notre système juridique afin d’affirmer nos liens d’interdépendance avec les autres formes de vie. Et mettre la nature comme sujet de droit.

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