Utilisation du portable dans les hôpitaux de Paris

Utilisation du portable dans bâtiments AP-HP

CHRISTINE 45 ans, en visite à l’hôpital Beaujon, à Clichy (Hauts-de-Seine)

Il est toujours bien visible, à droite de l’entrée de l’accueil principal de l’hôpital Beaujon à Clichy (Hauts-de-Seine) , le pictogramme interdisant d’utiliser les téléphones mobiles. Mais dans le grand hall orné d’une reproduction d’un tableau de Fernand Léger, beaucoup se promènent portable à la main, voire à l’oreille. Autant de visiteurs, de patients qui n’ont pas attendu le changement de réglementation dont personne n’a entendu parler ici : l’utilisation du portable va désormais être autorisée dans les établissements de l’AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) dont fait partie Beaujon. Venue rendre visite à un ami, Gérard, hospitalisé pour une hépatite, Christine, 45 ans, a éteint son appareil en franchissant le seuil de l’hôpital. « Je l’ai coupé par respect pour les malades et aussi parce qu’il me semble que les ondes risquent d’interférer avec les équipements médicaux », dit cette quadra à la recherche d’un emploi d’assistante de direction. Opposée à l’autorisation du portable dans les hôpitaux au nom de « la tranquillité des patients », elle est en désaccord avec Gérard, agent SNCF retraité, vêtu d’un pyjama rayé bleu. « C’est bien beau d’avoir un fixe dans la chambre, mais il faut payer un supplément. Moi, j’utilise mon portable. D’ailleurs, j’ai demandé l’autorisation. Les infirmières ne m’ont pas dit non », témoigne Gérard, qui profite du soleil printanier pour faire quelques pas dehors. Venu avec elle rendre visite à leur ami commun, un homme qui se présente comme technicien de surface et qui s’appelle aussi Gérard, ne voit pas la nécessité d’autoriser les téléphones à l’hôpital : « Moi, je n’ai pas de portable, je n’en ai jamais eu et je m’en passe très bien. Quand j’entends la vacuité des conversations téléphoniques au supermarché, du genre : Chéri, n’oublie pas le jambon ! je ne vois pas pourquoi on dérangerait les malades avec ça ! » Hospitalisée pour « une tumeur au cerveau », Annie, 51 ans, le reconnaît volontiers : « Ici, tout le monde a son appareil et appelle en douce. Ça m’est arrivé et personne ne m’a rien dit. » Yeux bleus, cheveux grisonnants, cette éducatrice a un avis très nuancé sur la question de la levée de l’interdiction : « Pour les malades, j’y suis favorable. Mais pas pour les visiteurs dont certains n’hésiteraient plus à parler trop fort dans les couloirs. Aujourd’hui déjà, les services sont très bruyants. » Et qu’en pense le personnel ? A l’instar d’Emmanuel, ergothérapeute de 33 ans qui invoque « des risques de transmission des maladies nosocomiales via l’appareil », plusieurs agents hospitaliers nous ont assuré déposer systématiquement dans leur casier leur portable avant la prise de service. D’autres avouent n’avoir pas attendu le changement de règlement pour prendre certaines libertés avec les dispositions officielles. « Moi, par exemple, je l’ai toujours dans ma poche en mode vibreur depuis au moins trois ou quatre ans », reconnaît Luc, aide-soignant en réanimation chirurgicale. A l’unisson avec son collègue Eric : « Simplement, quand ça sonne, je sors de la salle de réanimation par respect pour les patients. » Nicolas, interne en pharmacie, ne cache toutefois pas son appréhension : « Dans les couloirs, si les visiteurs se mettent à téléphoner, ça va être le bazar. »


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